L'HISTOIRE DE CARBONNEAU

Avant le 19ème siècle :
Le lieu-dit « Carbonneau » tient son nom de la production de charbon de bois, probablement au Moyen-Age. La région était recouverte d’une forêt de chênes qui a été, ensuite, remplacée petit à petit par des cultures – dont la vigne. Il y a également des traces, sur le domaine, de la vie à l’époque de la préhistoire et à l’époque romaine.

 

19ème siècle, famille BACHAN :
Le plus ancien propriétaire connu est Jacques FOUIGNET-VERBACLE, en 1823. Une de ses descendantes, Blanche FOUIGNET, épousa Jean-Jacques BACHAN en 1878. Ce dernier fut juge de paix en Algérie, puis magistrat en France et maire de Pessac-sur-Dordogne.

Le Château fut construit à partir de 1860, sur l’emplacement d’une maison de maître fort ancienne, par la famille BACHAN. L’emplacement avait été choisi avec discernement au dessus d’une nappe phréatique abondante et peu profonde qui alimentait en eau très pure source et puits, toujours utilisés aujourd’hui. L’architecture et l’orientation du château et de ses communs furent également choisies avec soin : une grande terrasse ensoleillée domine le parc au Sud et au Nord. Le chai à vins, quant à lui, est à-demi enseveli et permet de garder une fraîcheur et une température constantes en été.


On peut remarquer en arrivant, le bassin rond au fond pavé et incliné, alimenté par une petite fontaine. C’était le pédiluve, indispensable pour rafraîchir les pieds et les pattes des chevaux. 

Monsieur BACHAN, qui aimait les jardins, fit construire – parait-il pour son épouse – la verrière Napoléon III en fer forgé dans le style de l’époque. Elle abritait un jardin d’hiver grâce à un système de chauffage à air chaud. A l’époque, ces verrières étaient très à la mode.


Il en existait une magnifique au Jardin des Plantes de Bordeaux, mais elle n’a pas résisté au temps. Celle de Carbonneau, elle, est toujours là. Seul le chauffage fût démonté pendant la Guerre pour récupérer plomb et cuivre de ses tuyauteries.

Quelques beaux arbres sont aussi les vestiges de cette époque. Devant l’entrée du château : un magnifique « Sequoia Gigantea » - le Big Tree de Californie ; et derrière lui, un Oranger des Osages. Dans le parc, une partie du grand Magnolia (qui a survécu à la terrible tempête de décembre 1999) ; et près du Grand Bassin, un beau Marronnier et plus haut, un Frêne majestueux.

La fin du 19ème siècle marque l’âge d’or du vin de Bordeaux. A cette époque, le Grand Larousse en sept volumes mentionnait le Château Carbonneau comme « un cru de bons vins de Bordeaux ». Ces vins étaient élevés en « barriques bordelaises » de 225 litres. Celles-ci étaient transportées par charrettes à boeufs jusqu’aux magasins des courtiers et négociants installés sur le quai (« cale ») de Pessac. De là, les vins chargés sur les « gabares » de la rivière descendaient la Dordogne jusqu’à Libourne pour terminer dans les chais des grands négociants bordelais.


La famille BACHAN n’ayant pas d’héritiers, la propriété fut vendue après la Première Guerre mondiale. Les nouveaux propriétaires subirent le contrecoup de la grande crise de 1929 et une grande partie de la vigne fût arrachée.


20ème siècle, familles RAY et FRANC DE FERRIERE :
C’est en 1937, que Carbonneau intègre le patrimoine de la famille de Wilfrid, avec ses grands-parents, Harold et Claude RAY, qui firent l’acquisition du domaine.

Claude, était la fille du Général Jules CHEMINON et de Eugénie de MASSALITINOFF, d’origine russe. Harold était un ancien officier britannique. Il rencontra Claude à Deauville, durant la Première Guerre Mondiale. Ensemble, ils immigrèrent après la guerre, en Nouvelle-Zélande, pour défricher une propriété et exploiter une ferme laitière. En 1937, ils décidèrent de revenir en France. Leur fille, Olga, née à Kaiaua, en Nouvelle-Zélande, n’avait alors que 12 ans. Ils rachetèrent le domaine Carbonneau – propriété proche du berceau familial de Yann et Paulette FRANC DE FERRIERE, amis d’Harold et Claude – pour y développer un élevage de vaches laitières. Harold s’occupait remarquablement du troupeau, pendant que Claude gérait l’exploitation et redonnait au Château sa place dans la vie sociale du pays. Aujourd’hui, ils reposent dans le petit cimetière familial, en haut de l’allée de Carbonneau, avec les parents de Claude.

Olga RAY se maria avec Jean FRANC DE FERRIERE (fils de Yann et Paulette) en 1946, à Pessac-sur-Dordogne. En 1975, les parents d’Olga leur firent donation de la propriété. Olga et Jean FRANC DE FERRIERE conservèrent le domaine en bon état, bien qu’ils ne l’exploitassent pas eux-mêmes. Ils eurent cinq enfants, dont Wilfrid. 

 

Pendant l’été 1985, Jacquie, alors professeur d’anglais en Nouvelle-Zélande, est venue rendre visite à des amis qui passaient leurs vacances avec Wilfrid et sa famille. Trois ans plus tard, nous nous sommes mariés à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, où nous avons passé cinq ans.


En 1992, nous avons repris la propriété pour l’exploiter en direct. C’est alors que commença un plan de replantation du vignoble, la modernisation du chai de vinification et la restauration du château pour recevoir des hôtes. Nous avons décidé de perpétuer ensemble le « bon vivre » du Château Carbonneau et de redonner à son vin son lustre d’antan, tout en partageant un héritage riche et varié qui va de l’Angleterre à la Russie, en passant par la France et la Nouvelle-Zélande. Notre famille a une longue histoire périgourdine du côté des FRANC de FERRIERE, et une longue histoire néo-zélandaise du côté de la famille de Jacquie, mais aussi des RAY – nos enfants sont la troisième génération de néo-zélandais qui vivent à Carbonneau.